9 JUIN 2010: RÉUSSITES, INSTALLATION VIDÉO – INA MIHALACHE

Projection au Studio LNA: 9 Juin 2010 de 19h à 23h.

Installation vidéo (triptyque)2010 – HD couleur 480 min

«La chambre est réellement vide, dit-elle, parce que quand je fais des patiences, je n’existe pas.»

RÉUSSITES[PATIENCES] propose d’affronter le vide de l’existence en bannissant ces petits jeux obsessionnels généralement destinés à  le masquer.

PROTOCOLE

- Le 13 décembre 2009, Mlle Dagna Litzenberger a accepté d’être filmée huit heures consécutives dans sa salle de bains à ne rien faire.

- Le 13 janvier 2010, Mlle Litzenberger a regardé et décrit en détails ces huit heures d’inaction.

- Le 31 janvier 2010, Mlle Natasha Andrews, équipée d’oreillettes, a exécuté cette description sonore de huit heures.

 

Vidéo de l’événement

 

Biographie

Née à Montréal en 1985, vivant à Paris depuis 2005, Ina Mihalache est actrice, vidéaste et plasticienne.

En 2004, elle abandonne des études d’Histoire de l’Art à l’Université de Montréal et intègre la Classe Libre du Cours Florent à Paris. Elle est l’héroïne du dernier court-métrage de Mathieu Amalric « Deux cages sans oiseaux » présenté au Festival de Cannes 2007.

Courant 2006, elle se soustrait petit à petit aux stages d’acteurs, devient cadreuse et monteuse pour les émissions religieuses de France 2 et co-réalise deux courts métrages expérimentaux.

En 2009, elle est reçue au programme Cinéma de l’UQÀM (Université du Québec à Montréal), mais s’enfuit dès le premier semestre.

Réussites[Patiences] est sa première œuvre. Le triptyque vidéo interroge la notion contemporaine d’emploi du temps en mettant en scène le désœuvrement d’une actrice « sans emploi ».

 

Interview de l’artiste

 

 

Commentaire de l’œuvre

« Réussites[Patiences] questionne le fondement même du sens de la vie, de l’art, par l’un de ses biais les plus saillants : la vacuité, état de ce qui est vide.De gauche à droite : un corps de fille qui ne fait rien de spécial, en silence ou presque, dans une salle de bain ; en gros plan, la même fille se regarde et décrit méticuleusement ses non-actions, énonçant un interminable catalogue de postures d’une façon intensément ludique, incarnée, prouvant qu’il est possible de décrire le vide, et cette description fait plein ; enfin, le corps d’une autre actrice exécute le catalogue énoncé comme une liste de figures imposées successives, faisant écho à la vacuité des non-actes de la première sous une forme mimétique. Mais voilà, rien n’est pareil, c’est une autre fille, dans un espace indéfini, une autre subjectivité, elle interprète plus qu’elle n’exécute. On assiste à ce prodige, hypnotisé. On imagine la suite de cette version sublimée du téléphone arabe : mettre la seconde fille face à sa propre image, commentant ses non-actes dirigés et la première fille pourrait les exécuter dans la salle de bain, ça ne ressemblerait pas à la première fois, et ainsi de suite…L’ensemble, exposé simultanément, dure 8 heures sans interruption. Bout à bout, la performance représente 24h, soit exactement le temps que la terre met pour faire un tour sur elle-même, avant de recommencer. Parfaite mesure d’infini. Eternel retour. Par la simplicité de son dispositif, la ligne claire de son tour de force, Réussites[Patiences] invite à contempler le vide pour mieux en voir le plein. Et inversement. »

Adrien Leveau

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